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Bonne route presque toute l'année. Été chaud. Pluie possible en hiver.
La route classique du sud : Ronda et son tajo, Setenil de las Bodegas, Zahara, Grazalema et les routes spectaculaires de la Sierra de Grazalema, réserve de la biosphère.
Ronda est probablement la première ville espagnole que tout voyageur du Romantisme du XIXe siècle a visitée par pur plaisir esthétique, avant même que le concept de tourisme n'existe. Lord Byron, Théophile Gautier, Washington Irving et Rilke y sont passés et ont tous écrit la même chose : que le Tajo de Ronda, cette gorge de 100 mètres de profondeur qui coupe la ville en deux, est l'un des spectacles géologiques les plus saisissants d'Europe. Quand on traverse le Puente Nuevo en moto et qu'on jette un coup d'œil vers le bas, on comprend parfaitement pourquoi Hemingway a choisi cette ville comme décor de « Pour qui sonne le glas ».
Mais la vraie raison de venir à Ronda en moto, ce n'est pas Ronda elle-même — ce sont les routes qui l'entourent. La A-374 vers Grazalema traverse le Parque Natural Sierra de Grazalema, un massif calcaire qui détient le record absolu de pluviométrie de la péninsule Ibérique : en 1963, il est tombé ici plus de 4 300 mm de pluie en une seule année, davantage qu'en n'importe quel point de Galice. Cette abondance d'eau a sculpté un paysage karstique extraordinaire, avec des dolines, des grottes, des gorges et des forêts de pinsapo — un sapin endémique du sud de la péninsule, véritable fossile vivant du Tertiaire, rescapé des glaciations.
La route des Pueblos Blancos n'est pas une invention touristique moderne. Lorsque les Andalous perdirent Grenade et se réfugièrent dans ces montagnes, les Rois Catholiques repeuplèrent la zone avec des familles du nord qui reçurent l'ordre de blanchir toutes les maisons à la chaux, en partie pour l'hygiène et en partie à des fins défensives : un village blanc se voit à des kilomètres et sert de point de repère depuis la côte pour les vigies qui surveillaient les incursions des pirates barbaresques. La chaîne de villages — Grazalema, Zahara, Setenil, Olvera, Ubrique — fonctionnait comme un réseau de tours optiques, et aujourd'hui encore, lorsqu'on gravit le Puerto de las Palomas, cette logique visuelle devient parfaitement limpide.
Setenil de las Bodegas mérite un paragraphe à part. Les maisons littéralement creusées sous d'imposants surplombs rocheux ne sont ni un caprice architectural ni une carte postale pour touristes : c'est la solution thermique que les habitants ont trouvée face à l'été andalou écrasant, bien avant l'existence de la climatisation. La roche massive agit comme un radiateur inversé, maintenant les maisons entre 18 et 20 °C toute l'année. Les bodegas qui donnent leur nom au village exploitaient précisément cette stabilité thermique pour élever des vins qui, au XVe siècle, voyageaient à dos d'âne jusqu'à Cádiz pour être embarqués vers les Caraïbes. Aujourd'hui, les « bodegas » servent des tapas et de la bière fraîche, et l'effet n'en est pas moins spectaculaire.
Pour le motard, le classique de la zone consiste à relier Ronda à Grazalema, grimper le Puerto del Boyar (1 103 m), redescendre vers Zahara, enchaîner le Puerto de las Palomas et revenir par Setenil. Asphalte excellent, virages continus, paysage à chaque courbe et très peu de circulation sauf en août. Un conseil : le Mesón el Tajo à Ronda, caché dans une ruelle de la vieille ville, sert un rabo de toro qui justifie un long arrêt. Et si vous venez en février, la montée vers Grazalema à travers les amandiers en fleurs est l'une des plus belles expériences que l'on puisse vivre sur deux roues dans le sud de la péninsule.
Bonne route presque toute l'année. Été chaud. Pluie possible en hiver.
Circulation modérée à Ronda. Routes calmes.
Stations-service à Ronda, Grazalema et Setenil.